Côte d’Ivoire : Election 2020, la MIOE, invite à un dialogue entre opposition et pouvoir avant la tenue du scrutin

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En Côte d’Ivoire, à moins de deux semaines de la prochaine élection présidentielle, le régime au pouvoir et son opposition restent à couteau tiré.

Plusieurs candidats recalés ont dénoncé une décision arbitraire du Conseil constitutionnel, l’organe chargé de proclamer la liste définitive des candidats retenus pour prendre part au scrutin présidentiel.

Sauf que sur quarante-quatre candidats qui ont déposé leur dossiers, seuls quatre ont été retenu par le Conseil constitutionnel.

Le mode de choix des candidats opéré a été vigourement décrié par plusieurs candidats recalés qui ont fait front avec Henri Konan Bédié, et Pascal Affi N’guessan, deux candidats retenus qui réclament le retrait de la candidature « illégale » d’Alassane Ouattara.

L’opposition dénonce également une commission électorale indépendante (CEI) inféodée au Parti au pouvoir, le RHDP.

C’est dans ce climat de doute et de tension que l’opposition a lancé son mot d’ordre de désobéissance civile qui vient de rentrer dans sa phase active avec des manifestations à Abidjan et dans plusieurs villes du Pays.

L’opposition ivoirienne qui a invité les Ivoiriens à un boycott actif du scrutin présidentiel compte aller jusqu’au bout pour empêcher la tenue de l’élection présidentielle d’octobre prochain.

Deux jours après le début officiel de la campagne présidentielle, ouvrant la voie à une étape cruciale du processus électoral avant le scrutin présidentiel du 31 octobre 2020, la mission internationale d’observation électorale (MIOE) de l’Institut électoral pour une démocratie durable en Afrique (EISA) et du Centre Carter (le Centre) déplore la perte de vies humaines et condamne les violences qui ont émaillé le processus électoral, notamment au cours du mois d’août 2020.

Elle rappelle aux acteurs politiques que l’incitation à la violence est contraire aux instruments internationaux et régionaux qui ont été ratifiés par la Côte d’Ivoire, et notamment le Pacte international relatif aux droits civils et politiques et la Charte africaine des droits de l’Homme et des peuples.

L’EISA et le Centre Carter exhortent les parties prenantes au processus électoral à redoubler d’efforts, en prenant tout le temps nécessaire, pour aborder et résoudre plusieurs questions critiques concernant le processus électoral par le biais d’un dialogue inclusif avant l’élection présidentielle.

La mission abordant la question de la décision du Conseil constitutionnel (CC) du 14 septembre, martèle que ses effets portant sur l’inclusion ou l’exclusion des candidats sur la liste définitive des candidats à l’élection présidentielle n’ont fait qu’aggraver le climat de tension autour du processus.

Elle constate par ailleurs que la composition de la Commission électorale indépendante centrale (CEI) et des Commissions électorales locales (CEL) doit davantage être inclusive et équilibrée.

Enfin, le manque d’entente entre le pouvoir et l’opposition sur les critères de cette recomposition au niveau central mais aussi local restent des points cruciaux de préoccupation pour la MIOE, et cela d’autant plus après les élections des bureaux des 558 CEL présentes sur le territoire ivoirien entamées à partir du 15 septembre 2020.

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